Cependant, dans une ferme située à moins d'un kilomètre du village régnait une agitation grandissante. Dès cinq heures du matin, ses habitants avaient été réveillés par un horrible cri, auxquels avaient répondu d'autres cris semblables, suivis à leur tour par un grognement qui était passé inaperçu. La maîtresse de maison, une petite femme rousse et corpulente, avait immédiatement saisi une légère baguette de bois posée sous son oreiller. D'autres dormeurs avaient fait de même : ce furent finalement huit personnes et autant de petites baguettes de bois qui se pressèrent devant la porte d'une chambre située au deuxième étage de l'ancienne grange. Parmi ces personnes; cinq étaient rousses, une sixième avait de longs cheveux châtains très épais et une septième était un jeune homme aux cheveux d'un noir de jais et aux yeux vert émeraude. Tous obéissaient aux ordres chuchotés par une jeune femme dont la couleur de cheveux passait ostensiblement d'un rose chewing-gum à un noir ténèbres.
_Allez ! cria celle-ci.
L'homme le plus âgé, aux cheveux roux, pointa sa baguette de bois sur la porte, qui s'ouvrit à la volée. Il s'engouffra dans la pièce, suivi de tous les autres.
_Oh, bonjour tout le monde. Vous auriez pu frapper avant d'entrer... Mais ça ne fait rien - très jolie robe de chambre Mrs Weasley -, je vais pouvoir vous présenter à ma famille !
La chambre était en effet pleine de monde. Exceptés ceux qui venaient d'entrer - dont Mrs Weasley qui faisait des efforts désespérés pour se cacher derrière les autres - s'y trouvaient déjà cinq personnes en habit de voyage et deux jeunes filles en pyjama. L'une, qui venait de parler, avait une longue chevelure blonde, de grands yeux bleus et dégageait une grâce naturelle, malgré le fait qu'elle venait de se réveiller. L'autre, un peu plus jeune, devait avoir seize ou dix-sept ans. Elle avait les cheveux roux comme toute sa famille et paraissait singulièrement agacée par tant de visiteurs. Elle se recoucha finalement et rabattit son oreiller sur son visage.
_Je vous présente Nymphadora Tonks - une Auror -, Mr et Mrs Weasley, leurs fils Fred, George et Ron, leur fille Ginny là sous l'oreiller, Hermione la petite amie de Ron, et Arry, dit la jeune femme blonde aux gens en habit de voyage, tous blonds eux aussi.
Ron, Hermione et Mrs Weasley prirent une teinte écarlate tandis que les voyageurs les inspectaient du regard. Parmi ces voyageurs, une belle femme d'une quarantaine d'années prit la parole :
_Arry Potter! Gabrielle nous a tant parlé de toi. Pauvre, pauvre garçon, tellement de malheur... Eh bien! Dis bonjour, Gabrielle, n'aie pas peur...
La plus jeune des voyageurs, qui ne devait pas avoir plus de onze ans, prit aussi une couleur tomate, suivie par Harry et par Ginny qui s'était redressée et regardait d'un oeil mauvais la mère de la petite Gabrielle.
_Bonne jour... articula la petite d'un ton hésitant.
_Bonjour, dit Harry, qui tentait de surmonter sa gêne et s'avançait pour lui serrer la main.
_Et, repris la jeune femme blonde, voici ma mère Eléonore, mon père Jean-François, ma petite soeur Gabrielle, mon grand-père Aristide et notre ami Nestor, qui s'occupe des elfes de maison pour nous.
Les deux familles se toisant avec un sourire forcé, Mr Weasley invita tout le monde à prendre un bon petit déjeuner, ce à quoi tous répondirent en se ruant vers les escaliers.
En quelques instants, tout était prêt et tout le monde avait pris place autour de la grande table du jardin. Les jumeaux Fred et George s'étaient occupés du repas sous l'oeil attentif de Mr Weasley et avec l'aide d'Hermione, de Harry et de Ron. Mrs Weasley était allée se changer à l'étage, maugréant déjà contre l'impolitesse des intrus. Ginny également était restée à l'étage. Une fois que tout le monde fût près, on se mit à table.
_Quelque chose ne va pas, madame? Vous n'avez pas l'air très bien...
Mr Weasley s'était en effet aperçu de la mine étrange que faisit Eléonore Delacour.
_Je vous assure que ce n'est rien, monsieur, merci. C'est peut-être le voyage, ou bien l'air de la campagne auquel je ne suis pas habituée. Est-ce toujours si odorant?
_Odorant? reprit Mrs Weasley en s'installant à côté de son mari.
_Maman! s'écria la jeune femme blonde.
_Fleur ma chérie, tu sais bien que je ne dis pas cela pour vexer Mr et Mrs Ouesly. Je veux juste me renseigner sur la vie campagnarde, savoir d'où vient ton futur mari... C'est normale pour une mère d'être un peu curieuse dans ces moments là... Quand je pense que ma toute petite va se marier, ça me fait tout drôle, tu comprends? Regarde, voilà, je me remets à pleurer. Oh!
Mrs Delacour quitta brusquement la table, en pleurs, et partit se réfugier dans la maison, Fleur sur ses talons.
_Veuillez excuser Eleonor, elle est si émue à l'approche du mariage, intervint Mr Delacour.
_C'est tout à fait normal, lui répondit Mrs Weasley.
_Et en parlant de mariage, où est le futur marié?
_Il ne devrait pas tarder. Bien sûr Fleur vous aura expliqué pour les évènements de juin dernier...
_Dumbledore...Qui l'aurait cru, n'est-ce pas? Il semblait invincible..
Tout le monde autour de la table s'était tut. Harry, qui avait assisté, impuissant, à l'assassinat du grand directeur de Poudlard par l'un des professeurs, Severus Rogue, regardait fixement ses oeufs brouillés sans s'apercevoir que sa main droite tordait sa petite cuillère. Les évènements de cette nuit revenaient dans son esprit, mêlés à ceux de la mort de son parrain Sirius. Ginny, qui avait fini par rejoindre le jardin, posa sa main sur son épaule. Harry décida de reporter son attention sur la conversation qui avait recommencé à l'autre bout de la table entre les Weasley et Mr Delacour.
_Un loup-garou?! Mais c'est terrible...
Bill, qui devait épouser Fleur dans deux jours, avait été mordu par Fenrir Greyback, chef de file des loups-garous à la solde de Lord Voldemort. Pourtant, comme Greyback était sous sa forme humaine quand il l'avait mordu, Bill n'était pas devenu un véritable loup-garou. La famille Weasley avait dû prendre beaucoup de précautions envers lui ce dernier mois. Bill était si défiguré par la morsure de Greyback qu'il devait conserver toujours la même expression sur le visage. On ne savait jamais quelle attitude il pouvait avoir. La dernière semaine avait été particulièrement éprouvante pour toute la famille à cause de la pleine lune. L'homme qui s'était occupé de lui jusqu'alors, Remus Lupin, était lui-même un loup-garou et avait dû s'isoler. Bill avait demandé s'il n'aurait pas été préférable que lui aussi se retire avec Lupin, mais il aurait alors été en danger, face à un vrai loup-garou. C'était donc Charlie, son frère, qui s'était occupé de lui cette semaine. Il avait fait venir une grande cage de Roumanie, dont il se servait pour soigner de jeunes dragons blessés, et y avait enfermé Bill. La première nuit, avait raconté Ron, avait été douloureuse pour tous. Toute la famille avait voulu veiller à côté de la cage et avait ainsi été témoin de la souffrance de Bill. Lorsque la lune était apparue, il s'était mis à s'agiter et avait commencé à se lancer contre les barreaux de la cage en poussant des hurlements et en bavant énormément. Puis il s'était calmé, s'était accroupi au centre de la cage et avait pleuré toute la nuit, se tenant la tête entre ses mains et se balançant d'avant en arrière. Au milieu de la nuit, Fleur avait voulu entrer dans la cage : elle s'était approchée avec précaution de Bill, Charlie prêt à intervenir en cas d'attaque. Mais Bill s'était contenté de lever la tête vers elle avant de la replacer entre ses mains.
Mr Delacour semblait horrifié par le récit des Weasley, mais il accepta de ne pas remettre la cérémonie pour autant, faisant confiance à Fleur. Cependant, il précisa qu'il préférait en parler lui-même à sa femme, quand elle reviendrait dans le jardin. L'homme appelé Nestor, qui avait gardé le silence jusqu'alors, se leva et s'adressa à Mrs Weasley, lui demandant son autorisation pour appeler quelques elfes de maison. Mr Delacour donna son accord sans attendre la réponse de Mrs Weasley.
Ainsi, Harry vit apparaître quatre elfes de maison dans le jardin des Weasley. Mais ceux-ci, au lieu de porter le traditionnel torchon des elfes de maison anglais, portaient tous d'élégantes serviettes bleues brodées d'or. Ils étaient remarquablement propres par rapport aux autres elfes de maison qu'il avait rencontrés.
_Allons, Medicius, pressez-vous, la cuisine est par ici...intima Nestor à l'un des elfes.
_Mais non voyons, laissez-moi faire, dit Mrs Weasley qui regardait néanmoins les elfes de maison avec envie.
Cinq hiboux firent alors leur apparition, portant chacun une lettre. La première était destinée à Mr Weasley, les quatre autres à Harry, Ron, Hermione et Ginny, et portaient le sceau de Poudlard. Harry fut le plus rapide à ouvrir sa lettre : elle contenait trois feuilles de papier. Sur la première, on pouvait lire :
ECOLE DE MAGIE ET DE SORCELLERIE POUDLARDDirectrice : Minerva Mc Gonagall (ordre de Merlin, 1ère classe)
Cher Mr Potter,
Nous avons le regret de vous informer de la fermeture définitive de l'école de magie et de sorcellerie Poudlard, pour caus d'insécurité faisant suite aux évènements survenus en juin dernier. Les élèves sont invités à poursuivre leurs études dans leur famille ou, s'ils en ont les moyens, à l'étranger. Le ministère de la magie a mis en place un partenariat privilégié avec l'école de magie de Beauxbâtons, dans le sud de la France, afin de permettre l'accueil d'environ 250 élèves. Madame Maxime, directrice de Beauxbâtons, s'est engagée à tout faire pour assurer la protection des élèves. Conscients que les frontières n'arrêtent pas les dangers auxquels nous sommes confrontés, nous ne pouvons que vous exprimer les efforts considérables qui sont faits pour protéger ces élèves et vous laisser faire le choix qui conviendra. La préférence, en cas de manque de place à Beauxbâtons, sera donnée aux élèves de cinquième et de septième année, qui ont des examens à passer.
Vôtre sincèrement,
Filius Flitwick, vice-directeur
Tout le monde voulut lire la lettre de ses propres yeux. Alors c'était vrai? Voldemort avait fini par faire tomber Poudlard? Même Harry, qui avait décidé de ne pas y retourner après la mort de Dumbledore, ne put s'empêcher de ressentir un grand sentiment de vide. Poudlard, où il avait vécu pendant six ans, n'était plus... Comme si l'école ne tenait plus que par la volonté de son dernier directeur. Mais Harry ne devait pas se laisser aller au désespoir. Bientôt l'école revivrait, bientôt il aurait retrouvé les quatre horcruxes manquants...
Seul Mr Weasleyne réagissait pas. Il avait posé sa lettre devant lui et avait le regard perdu dans le vide.
_Un problème Mr Weasley? demanda Harry.
Pas de réponse. Tout le monde était maintenant tourné vers Mr Weasley.
_Allons, Arthur, l'Ordre du Phoenix reste, même si l'on n'a plus Poudlard...
_Ce n'est pas ça, Molly chérie, regarde...
Il lui tendit la lettre. La bouche de Mrs Weasley tomba grande ouverte.
_Oh, je suis désolée Arthur... Tu veux peut-être monter pour être un peu seul ?
Mr Weasley hocha la tête, se leva et monta silencieusement les escaliers, à l'intérieur de la maison. Un silence de mort régnait dans le jardin.
_Il vient d'apprendre la mort de Perkins...annonça Mrs Weasley.
Harry se souvenait d'un petit vieillard entrant précipitamment dans l'ancien bureau de Mr Weasley, deux ans auparavant, pour lui annoncer que l'audience à laquelle il devait se rendre avait changé de lieu et d'horaire.
_Assassiné?
_Non, il semble que ce soit un accident. D'après la lettre, il serait tombé dans les escaliers conduisant au bureau de Scrimgeour.
_Vous pensez que Scrimgeour...? demanda Harry
_Non, je ne pense pas qu'il aille jusque là. Et les sortilèges de protection ne tuent généralement pas.
_A moins que Perkins n'ait été soumis à l'Imperium, intervint Fred.
_Et pourquoi faire? Le pauvre n'a jamais eu un poste assez important pour cela.
[Voilà un début, je n'ai rien pour après, donc que tous ceux qui veulent prendre la suite la prenne !! Petite astuce pour les continuateurs : "riopse" dans le titre est l'anagramme d'"espoir", dont la couleur symbolique est le vert (comme les yeux de Harry). Ne pas oublier aussi le titre du premier chapitre : il manque encore toutes les cérémonies. Je verrai bien un ou deux meurtres à l'enterrements de Perkins, où tout le ministère sera certainement rassemblé. Mais ne nous interdisons pas d'être optimistes : les enterrements peuvent aussi être enterrements du desespoir, du manque d'issue...
Bonne nuit à tous et à toutes, bonnes vacances et bonnes écriture pour ceux qui le veulent (le tome 7 sera peut-être écrit sur ce forum avant sa parution, lol) ...]
TO BE CONTINUED...